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Mai 2021

L'aumônerie du CHS de Blain EPSYLAN

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     Depuis novembre, je découvre ma mission d’aumônier à l’hôpital psychiatrique de Blain :Pont Piétin, puis CHS et depuis le 1° février 2021 Epsylan. Celui-ci accueille des personnes de tout le nord du département.

 

     Cette mission emboîte le pas à celle de leme en paroisse que j’assure depuis bientôt 7 ans (elle va s’achever en fin d’année scolaire).

 

     Un environnement bien différent mais pour lequel l’esprit reste le même : au nom de Jésus, se faire accueillant et fraternel ! Je suis donc fortifiée par les expériences vécues sur notre paroisse saint Martin du Sillon.

 

     Je découvre auprès des patients, avec l’aide des bénévoles, une belle fraternité ! Chacun arrive avec simplicité et confiance. Je suis touchée de connaître beaucoup de choses qui font la vie de chacun : commune, centre d’intérêt, craintes, lassitudes, joies, relations familiales, projet pour quitter l’hôpital. Certains font de très longs séjours. L’aumônerie devient alors un compagnon dans des vies où l’ennui et la solitude ont une trop grande place. En écrivant ce paragraphe, je pense par exemple à Eric*. Chaque matin quand j’arrive pour ouvrir l’aumônerie, Eric attend mon arrivée, nous nous donnons des nouvelles de la semaine autour d’un café, puis il repart. Je sais qu’il fera plusieurs visites dans la journée !

 

     L’hôpital psychiatrique est un établissement public et a l’obligation de proposer un service aumônerie. J’anime celle-ci deux jours par semaine pour le culte catholique, une présence musulmane est aussi assurée. Les relations que j’établis avec les soignants, me montrent que notre présence est reconnue pour le bien être des patients. Ainsi, alors que j’appelle pour savoir si nous pouvons proposer à Louise*, de participer à la messe, l’infirmière m’informe que cela ne sera pas possible, Louise est trop agitée. Je suis déçue pour elle, sachant combien elle aime ces moments. L’unité me rappelle rapidement et j’ai la joie de m’entendre dire « Nous en avons reparlé avec mes collègues, venez la chercher, nous constatons que Louise revient toujours très apaisée de la messe ». Merci pour cette marque de confiance qui nous est faite !

 

     Je suis frappée de sentir combien la vie spirituelle pour certains patients est importante et comment ils arrivent à exprimer leur désir de prière.

 

     Nous n’avons pas forcement la même religion, ou ils expriment parfois une foi chrétienne assez originale. Nous nous connaissons depuis peu ou pas du tout. Pourtant nous arrivons à échanger, à prier ensemble. Tous les 15 jours, le père Eugène Guérin vient célébrer la messe dans la grande chapelle que seule notre foi peut réchauffer (le chauffage est définitivement hors d’usage). Petite, toute petite assemblée, mais tellement fraternelle et spontanée !

 

     D’autres personnes me contactent, pas forcement motivées par une démarche de foi. Pour illustrer, voici un échange : Marie*, 77 ans demande ma visite. D’emblée, elle me dit, « Je ne suis pas pratiquante, mes engagements politiques m’ont très jeune éloignée de la religion. Mais je suis désespérée, tellement seule, je cherche une main tendue, quelqu’un à qui parler. J’ai vu le numéro de téléphone de l’aumônerie, j’ai appelé. Dans la conversation, elle me partage que malgré tout Dieu est peut être présent dans sa vie. Elle accepte avec un beau sourire de m’écouter dire la prière du Notre Père. Nous nous promettons de nous revoir et même d’aller à la messe le vendredi suivant. Nous ne nous reverrons pas, elle quitte l’hôpital. Elle me donnera une fois des nouvelles par téléphone.

 

     Voilà en quelques lignes le partage de mes premières impressions. Je suis très heureuse qu’il me soit confié d’être une présence de Jésus, nommée ou non, au milieu de ces personnes pour lesquelles je ressens beaucoup d’affection. Blain n’est pas loin, si le coeur vous dit, contactez-moi pour venir découvrir notre aumônerie ou/et participer à l’une des messes  !

 

     Je finirai par une petite demande : beaucoup de patients me demandent un chapelet, si vous en aviez à donner, je suis preneuse pour eux !

 

Odile Maillard

* Les prénoms ont été modifiés

 

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